Publié le 14 août 2026.
L'OIT a évalué 436 professions en 2025. Elle juge plus probable que l'IA transforme les emplois plutôt qu'elle les supprime. Pour trancher, séparez les tâches automatisables du travail humain, puis comparez le coût complet des deux organisations sur un horizon identique.
Un poste regroupe des tâches de nature différente. Certaines se limitent à transporter des données entre deux outils, tandis que d'autres exigent de comprendre une demande ou d'engager une responsabilité. C'est pourquoi un seul prix annuel masque l'information nécessaire à la décision.
L'analyse de l'OIT retient elle aussi la tâche, et non l'intitulé du poste, comme niveau de lecture. Reprenez ce principe avec vos dossiers réels.
Observez une période normale et un pic d'activité connu. Prolongez l'échantillon tant que de nouveaux chemins apparaissent, car aucun nombre universel ne peut remplacer cette observation.
Le découpage fait apparaître le volume et le temps consommé par le trajet habituel. Les exceptions restent à part : elles définissent le travail humain que l'outil devra laisser visible.
Choisissez un horizon H, exprimé en mois, puis remplissez chaque cellule avec une mesure ou un justificatif. Si une donnée manque, marquez l'hypothèse : une moyenne trouvée ailleurs ne décrit pas votre fonctionnement.
| Ligne | Situation actuelle | Option recrutement | Option automatisation | Unité ou source |
|---|---|---|---|---|
| Volume traité, dont pointe | ___ | ___ | ___ | dossiers/an et maximum/semaine |
| Charge humaine résiduelle valorisée | ___ | ___ | ___ | dépense externe ou coût évitable, hors paie déjà comptée |
| Coût d'entrée | ___ | ___ | ___ | devis, équipement ou formation |
| Coût récurrent sur H | ___ | ___ | ___ | paie, hébergement, maintenance et évolutions |
| Erreurs et retards documentés | ___ | ___ | ___ | euros sur H, sinon zéro |
| Capacité créée et valorisée | ___ | ___ | ___ | euros sur H, avec usage nommé |
Pour chaque option, appliquez la même formule :
coût net = coût d'entrée + coût récurrent + charge humaine résiduelle valorisée + erreurs ou retards - capacité créée valorisée
La formule n'est comparable que si chaque colonne couvre le même volume et le même niveau de service. Gardez les heures ou les dossiers gagnés hors du calcul tant que vous ne savez pas les valoriser en euros.
Choisissez une seule convention : si la paie figure dans le coût récurrent, ne valorisez pas une seconde fois les heures du même salarié. La charge humaine reprend seulement un coût externe ou réellement évitable absent des autres lignes.
Un coût commun peut être écarté s'il demeure strictement identique. Sinon, laissez-le dans la fiche.
Une entreprise confie 4 800 factures fournisseurs par an à un renfort externe, avec une pointe de 600 factures par mois. Les 1 200 heures facturées à 35 € coûtent 42 000 €.
Les retards documentés ajoutent 4 000 €. Ces nombres servent uniquement à montrer le calcul : ils ne viennent ni d'un client ni d'une moyenne de marché.
Sur douze mois, la fiche pourrait être remplie ainsi :
| Ligne | Situation actuelle | Option recrutement | Option automatisation |
|---|---|---|---|
| Volume couvert | 4 800 | 4 800 | 4 800 |
| Charge humaine valorisée | 42 000 € | 0 € | 10 500 € |
| Coût d'entrée | 0 € | 3 000 € | 24 000 € |
| Coût récurrent | 0 € | 52 000 € | 6 000 € |
| Erreurs et retards | 4 000 € | 4 000 € | 4 000 € |
| Capacité créée et valorisée | 0 € | 0 € | 0 € |
| Coût net sur douze mois | 46 000 € | 59 000 € | 44 500 € |
La colonne actuelle reprend la facture du renfort. Cette dépense disparaît si une autre option couvre le même volume ; dans la colonne recrutement, les 52 000 € incluent déjà le temps du salarié.
Cent heures de formation et de supervision restent toutefois à suivre comme indicateur. Elles n'entrent pas dans le calcul tant qu'elles ne déclenchent ni une dépense supplémentaire ni l'abandon d'un travail valorisé.
L'automatisation conserve 300 heures de renfort externe, soit 10 500 €. Son périmètre fictif comprend huit écrans et deux intégrations ; il prévoit trois rôles dans une application neuve.
L'exemple suppose ce périmètre éligible au palier public de 24 000 € HT. Seul un périmètre écrit peut confirmer ce prix.
Les 6 000 € récurrents associent 4 800 € de run heartbit à une hypothèse de 1 200 € pour le cloud.
Aucun incident ni budget d'évolution n'est retenu. Les erreurs restent à 4 000 € dans chaque colonne, car l'exemple ne contient aucune mesure capable de prouver leur baisse ; les heures de correction déjà facturées en sont exclues.
Sur douze mois, l'automatisation coûte 1 500 € de moins que le renfort actuel. Cet écart ne justifie pas un test payant à 10 000 € : l'entreprise doit d'abord mesurer les exceptions en interne ou refaire le calcul sur son horizon réel.
Comptez les dossiers sur douze mois et isolez les semaines de pointe. Mesurez le temps médian du trajet normal, puis totalisez à part le temps pris par les exceptions.
Dans l'exemple, les 1 200 heures et les 4 000 € ne seraient acceptables qu'avec une trace observable. Pour un retard, retenez une pénalité ou un escompte perdu ; le montant nominal de la facture n'est pas un coût.
Mesurez le recrutement avec la même exigence. Estimez d'abord le coût total employeur avec le simulateur officiel de l'Urssaf.
Son résultat reste indicatif : il ne couvre pas chaque convention ni toutes les aides applicables. Faites donc confirmer le montant par la paie ou votre cabinet comptable avant de décider.
Ajoutez le coût réel de recherche du candidat et son équipement. La formation initiale entre dans la colonne si elle crée une dépense propre au poste.
Décrivez aussi la capacité attendue. Un poste ouvert pour absorber le pic annuel n'apporte pas le même service qu'un poste occupé toute l'année ; la fiche doit montrer cette différence.
Additionnez le coût de construction et celui du raccordement aux outils existants. Ajoutez la mise en production, puis comptez l'infrastructure et la maintenance sur le même horizon que le recrutement.
Estimez les évolutions à part. La charge humaine résiduelle couvre la revue des cas incertains et les reprises après erreur ; dans l'exemple, les 300 heures de contrôle restent donc visibles.
Sans cette ligne, déplacer vingt minutes de saisie vers vingt minutes de vérification semblerait libérer du temps. Le travail aurait seulement changé de place.
L'enquête 2026 de l'OCDE cite les coûts de maintenance et le manque de compétences parmi les obstacles à une mise en œuvre effective de l'IA. Son échantillon réunit plus de 2 000 PME dans douze pays. Pas une vérité universelle. Il suffit néanmoins à écarter l'idée d'un outil sans coût futur.
Nommez la personne qui reprendra les heures libérées et le travail qu'elle pourra traiter. Servir des commandes auparavant refusées produit une capacité mesurable ; réduire des heures supplémentaires aussi.
Des heures rendues à une équipe sans usage prévu peuvent améliorer le quotidien. Elles restent alors un confort assumé, pas une recette à soustraire du coût de l'outil.
L'exemple conserve donc zéro dans la ligne « capacité créée ». Son calcul ne valorise que les heures de renfort réellement facturées et évitées.
Le calcul économique ne choisit pas la technique. Une API ou une règle métier suffit si les données sont structurées et la décision stable.
L'IA devient utile face à un texte libre ou à un document dont les mots varient. Elle peut extraire une donnée ou préparer une réponse ; le risque de l'étape suivante fixe le contrôle humain.
Évaluez cette fonction sur un jeu de cas validés. Ce jeu couvre le trajet normal et les exceptions coûteuses, puis mesure les faux accords comme les faux rejets.
Les cas interdits suivent une règle dure. Les résultats incertains rejoignent une file humaine, dont le temps alimente la charge résiduelle de la fiche.
Un seuil de confiance copié d'un autre projet ne prouve rien. Le cadre de gestion des risques IA du NIST demande de choisir les mesures et leurs seuils selon le contexte d'usage.
Une intervention humaine peut rester nécessaire lorsque le système ne détecte pas ses erreurs. Journalisez chaque correction avant de faire évoluer le système ; aucune ne réentraîne le modèle toute seule.
Le quick win heartbit coûte 10 000 € HT et dure cinq jours ouvrés. Au cinquième jour, vos équipes disposent d'un outil sur un sous-périmètre étroit et du périmètre chiffré d'une suite éventuelle.
Si le forfait outil métier suit dans les trois mois, les 10 000 € en sont déduits. Ne les comptez pas deux fois.
Le forfait de 28 jours calendaires porte sur une application métier neuve dont le périmètre est déjà écrit. Ses trois paliers sont publics :
La reprise d'une application existante relève d'une autre offre. Au-delà du dernier palier, un devis par bloc fixe le prix avant le démarrage.
Si vous choisissez notre run, la maintenance et la supervision ajoutent 400 € HT par mois. Un incident standard hors liste coûte 600 € HT, tandis qu'une capacité continue d'évolution coûte 1 600 € HT par mois.
L'hébergement reste sur votre compte cloud ; son fournisseur vous le facture. Inscrivez ce prix dans la fiche.
Ajoutez les incidents ou évolutions retenus comme hypothèses. Vous opposez ainsi le coût employeur confirmé à un coût d'outil complet, sans taux d'économie inventé.
La fiche relie le travail observé aux coûts complets. Maintenez l'organisation actuelle si aucun scénario ne paie son risque ; l'exemple des factures aboutit à ce choix sur douze mois.
Automatisez un périmètre stable lorsque l'écart résiste aux hypothèses. Un test payant demande une valeur mesurée, supérieure à son coût, tandis qu'un travail fondé sur la relation ou l'arbitrage appelle un recrutement.
Les deux réponses peuvent aussi se compléter. L'outil absorbe alors la partie mécanique et le recrutement porte le travail humain créé par la croissance.
Commencez par compléter la fiche avec vos données. Si l'écart justifie ensuite un test sur un périmètre réel, le quick win rend ce sous-périmètre utilisable en cinq jours ouvrés. Les 10 000 € HT du quick win sont déduits du forfait outil métier s'il suit dans les trois mois.
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